Comprendre la Bio - Questions et réponses

  • La bio, c’est quoi ? Ce que dit (et ne dit pas) le cahier des charges.

    Les logos européen (eurofeuille) et AB (propriété du Ministère de l’agriculture français), apportent globalement les mêmes garanties et renvoient tous deux à un seul et même cahier des charges communautaire (1). Ce cahier des charges est défini par des règlements adoptés par les États membres et le Parlement européen. Il est public et fait l’objet d’actualisations régulières.

    Il définit des règles de production exigeantes (2), qui reposent sur le respect des écosystèmes et des cycles naturels : les produits chimiques de synthèse et les OGM sont interdits ; la rotation des cultures est obligatoire et le recyclage des sous-produits végétaux et animaux privilégié.

    Les pratiques d’élevage sont également strictement encadrées [voir question] :les densités (nombre d’animaux par m²) sont systématiquement inférieures à celles du conventionnel, les animaux doivent avoir accès au plein air et sont nourris d’aliments bio produits localement dans la mesure du possible.

    Enfin, les produits transformés [voir question] doivent contenir au moins 95 % d’ingrédients bio. Seuls les arômes naturels et 54 additifs sont autorisés (contre plus de 300 dans le conventionnel).

    Tous les professionnels de la filière — agriculteurs, transformateurs et distributeurs — sont soumis à des contrôles au moins une fois par an, réalisés par les pouvoirs publics ou des organismes certificateurs indépendants agréés. Chaque année, ceux-ci mettent en œuvre des contrôles supplémentaires qui peuvent être inopinés. Pour bénéficier du label bio, les producteurs doivent suivre une période de conversion de 2 ans (3 ans pour les cultures pérennes).

    La bio constitue donc une démarche exigeante en termes de protection de l’environnement, de santé des consommateurs et de qualité des produits.

    Toutefois, le cahier des charges ne traite pas tous les sujets garantissant une agriculture et une alimentation plus durables.

    D’autres questions sont pour nous essentielles également : la rémunération des agriculteurs, l’impact social, la réduction des emballages ou l’empreinte carbone des produits. Aussi, nombre d’entreprises bio mettent en place des démarches en la matière avec l’intention d’inscrire demain ces bonnes pratiques dans les exigences du règlement européen.

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)

  • Quelle différence entre le logo AB et le logo bio européen ?

    La présence sur l’étiquetage du logo bio européen (encore appelé Eurofeuille) assure le respect du règlement sur l’agriculture biologique de l’Union européenne. Depuis le 1er juillet 2010, l’utilisation de l’Eurofeuille est obligatoire pour les denrées alimentaires pré-emballées d’origine  européenne  remplissant  les conditions d’usage. Il reste facultatif pour les denrées alimentaires importées.

    Le logo bio européen doit être systématiquement accompagné de précisions sur le lieu de production des matières premières agricoles composant le produit (Agriculture UE ou Agriculture non UE). La référence de l’organisme certificateur est également obligatoire et se présente, pour les productions françaises, sous la forme FR-BIO-00 .

    La marque AB est facultative et peut être utilisée en complément du logo bio européen. Elle est également utilisée sur les productions ne relevant pas du règlement européen mais d’un cahier des charges français (par exemple les aliments pour animaux de compagnie, les produits d’élevage de lapins ou d’escargots…).

  • Qu’est ce qui garantit que les produits bio importés sont bien contrôlés ?

    Pour être commercialisés en tant que tels, les produits biologiques importés dans l’Union européenne doivent être conformes aux règles de production et soumis aux dispositions de contrôle prévues par la règlementation européenne. La Commission européenne a établi une liste de pays tiers et d’organismes de contrôle appliquant des règles de production et des dispositions de contrôle équivalentes à celles prévues par la règlementation bio européenne.

    Les produits importés doivent en outre être couverts par un certificat délivré par un organisme de contrôle agréé dans l’Etat membre où se situe l’importateur.

  • Pourquoi est-il possible de trouver des traces de pesticides dans les produits bio ?

    Les professionnels de la bio ne peuvent, pour le moment, pas garantir de vendre des produits totalement exempts de résidus de pesticides chimiques de synthèse, notamment en raison de la trop faible proportion de surface bio que ce soit en France (6,5% des terres agricoles) ou au niveau mondial (1,1%).

    De plus, des polluants sont encore présents notamment dans les sols et dans l’eau pour de nombreuses années, quand bien même ils ne sont plus utilisés.

    En revanche, les agriculteurs bio s’engagent à mettre tout en œuvre pour se protéger des contaminations environnementales par :

    – la plantation de haies, le respect de distances de séparation entre cultures, réalisation d’analyses…

    – un contrôle rigoureux de leurs produits (au moins un contrôle par an obligatoire sur site et des contrôles inopinés). Ces contrôles peuvent conduire à des déclassements en cas de détection de traces de pesticides.

    Enfin, l’agriculture biologique ne se résume pas à la non utilisation de produits chimiques de synthèse, c’est un changement de paradigme de l’agriculture dans la façon de cultiver avec des rotations plus importantes et plus longues, des méthodes de prévention…. La préservation de l’environnement est au cœur des pratiques de l’agriculture biologique et son impact positif est d’ailleurs reconnu par de nombreuses études dont la revue réalisée par l’ITAB et l’INRA, « Quantifier et chiffrer économiquement les externalités de l’agriculture biologique ».

  • le label Biocoherence va remplacer les autres logos ?

    Ce label est bien plus exigeant que les deux précédents. Bio Cohérence, label français, créé par la Fnab, Biocoop, et Biomonde, garantira au consommateur que le producteur respecte, en plus des normes et réglementations européennes, de nombreuses règles supplémentaires :

    • Strictement aucun OGM dans le produit (alors que les labels européen et AB tolèrent jusqu’à 0,9% d’OGM par ingrédient),
    • La ferme de provenance du produit devra être 100% bio dans tous les secteurs de production,
    • L’alimentation animale est  100% bio, et provenant en grande majorité de la ferme d’origine,
    • Le produit fini sera composé d’ingrédients 100% bio. (contre 95% pour les labels bio européen et AB),
    • Limitation maximum des antibiotiques, antiparasitaires dans la production agronomique et bovine

    http://www.biocoherence.fr/

  • Le label Bio Équitable

    La marque et label BIO EQUITABLE, garantie à la fois une agriculture biologique et le respect des règles du commerce équitable . Elle est ainsi la marque pour les entreprises en partenariat avec des producteurs des pays émergents ou en voie de développement.

    La démarche Bio Equitable garantie aux producteurs une juste rémunération de leur production et au consommateur un produit respectant les règles de l’agriculture biologique.

    http://www.biopartenaire.com/

  • L’Agriculture Biodynamique, c'est quoi ?

    Fondé en 1924 et présent dans plus de 50 pays, Demeter une label international des produits issus de l’agriculture biodynamique.

    L’Agriculture Bio-Dynamique, crée en 1924, a pour but, en parallèle de la production, de soigner la Terre, régénérer les sols, et favoriser l’harmonie au sein d’un même Domaine agricole des animaux d’élevage et des cultures. On retrouve cette philosophie et explications dans le film Solutions Locales pour un désordre global (le champ, la forêt, l’animal).Les agriculteurs bio-dynamistes respectent notamment pour cela les rythmes de la Terre et des astres (cycles lunaires, soleil, planètes).

    Demeter est label beaucoup plus exigeant que les labels AB et européens, puisqu’il garantie au consommateur :

    • Un produit biologique à 100%
    • Utilisation exclusive d’engrais biologiques, paille biologique
    • Alimentation animal 100% biologique et provenant de leur propre domaine agricole.

    Cette norme se rapproche du label Bio-Cohérence

    Demeter sur wikipedia

  • Nature et Progrès est - il un label plus exigeant que le label AB ou européen ?

    Fondé en 1964, Nature et Progrès est un label plus exigeant que le label AB ou européen. Elle  a en plus de proposer une agriculture biologique, l’objectif d’ un projet d’une société humaniste, écologique et alternative, basée sur des relations de convivialité et de proximité entre les hommes et leur milieu.

    Les valeurs de Nature et Progrès  :

    • Le respect des équilibres des écosystèmes vivants (sol, végétaux et animaux)
    • La santé des hommes et de la Terre,
    • Une agriculture paysanne, à taille humaine, privilégiant le local et les circuits de proximité,
    • Des échanges équitables au nord comme au sud,
    • Le partage des savoirs et des savoirs –faire, l’échange, le lien social.

    Association pionnière de l’agriculture biologique, pour Nature et Progrès, l’agriculture biologique va bien au-delà d’un simple label et inclut des valeurs d’équité, de proximité, d’autonomie et de partage en pensant le système de manière globale. Elle est conçue comme un projet de société agricole et alimentaire alternatif et participatif, respectueux du vivant : la nature dont les animaux et l’Humanité.

    L’agriculture biologique en tant que projet de société s’est développée en réponse à la montée de l’agro-industrialisation de l’agriculture des années d’après-guerre. A l’heure de la crise climatique, la recherche d’alternatives à ces systèmes pollueurs et grands consommateurs d’intrants et de ressources fossiles est plus que jamais d’actualité. Ainsi Nature et Progrès apporte une réponse écologique et pérenne qu’elle construit depuis plus de 50 ans.

    Les valeurs de Nature & Progrès sont celles de l’agriculture biologique telle qu’elle a été pensée au départ par ses initiateurs au début du XXème siècle.

    Un mouvement engagé dans l’agroécologie paysanne

    Les valeurs de Nature et Progrès se retrouvent dans la définition de l’agroécologie paysanne, historiquement portée par les mouvements paysans d’Amérique latine sur des bases de justice sociale et de respect des équilibres naturels

    Un système où l’homme utilise la biodiversité et la nature pour produire une alimentation saine, nutritive et diversifiée pour tous, permettant la sécurité et la souveraineté alimentaire des peuples.

    http://www.natureetprogres.org/

  • C'est quoi Biopartenaire ?

    BIOPARTENAIRE est une association créée en 2002 par des entrepreneurs pionniers de la Bio qui se sont associés afin de créer un cahier des charges poussé remettant l’humain au cœur des relations économiques intégrant des critères de commerce équitable et du cahier des charges de l’agriculture Biologique. Aujourd’hui c’est aussi un label universel garantissant les démarches équitables et responsables pérennes sur des filières cosmétiques et alimentaires. Les produits labellisés BIOPARTENAIRE sont présents en magasins bios et assimilé, vente directe, épiceries.

    Il  faut savoir que le seul label officiel du bio en France, répondant au cahier des charges européen de l’agriculture biologique est le label AB, généralement accompagné du logo Eurofeuille, label européen qui caractérise les produits respectant le cahier des charges de l’agriculture biologique.Néanmoins, pour beaucoup il reste perfectible d’où la liste de labels privés ou non que l’on peut voir sur les emballages.Pour ne citer que celui-là, le label Biopartenaire garantit non seulement un produit bio mais également équitable, ce qui ne va pas forcément de pair.

  • Ifoam , Kesako ?

    l’Ifoam (la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique) – peu connue en France, mais influente. Basée en Allemagne, à Bonn, l’Ifoam, qui est peu connue du public français, est dotée d’un budget consolidé de plus de 7 millions d’euros et constitue la principale structure internationale de lobbying du secteur bio.Fondée en novembre 1972 par Roland Chevriot, alors président de Nature et Progrès, l’Ifoam œuvre pour promouvoir l’agriculture biologique dans le monde entier au travers de multiples actions, parmi lesquelles le lobbying auprès des responsables institutionnels représente officiellement une part importante. L’association s’appuie sur 851 « affiliés » présents dans plus de 125 pays, à savoir des associations membres (dont plus de 50% du chiffre d’affaires ou des activités de l’organisation sont liés à l’agriculture biologique), des associés (dont les activités liées au bio sont inférieures à 50%) et des soutiens (des adhérents individuels).

    L’Ifoam compte parmi ses membres certaines organisations militantes. C’est le cas, par exemple, de l’association indienne Navdanya, fondée par la militante anti-OGM Vandana Shiva, ou encore de l’association américaine Organic Consumers Association, deux structures ayant par ailleurs été épinglées pour avoir diffusé des théories conspirationnistes.

    Mais on y retrouve surtout les principaux acteurs économiques du lobby bio de chaque pays, comme par exemple l’Organic Trade Association aux États-Unis, les différentes branches de l’influent FiBL ( l’Institut de recherche de l’agriculture biologique ), l’AöL ( l’Association des transformateurs d’aliments biologiques ) en Allemagne, ou encore Demeter International, la structure de promotion de l’agriculture biodynamique. Du côté français, Nature et Progrès, le Synabio, la Fnab, l’Itab, Ecocert et le Mouvement de l’agriculture bio- dynamique font partie des adhérents les plus notables.

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)

    Ifoam 

  • Quels sont les points communs et les différences entre HVE et Bio ?

    Sujet à polémique suite aux derniers arbitrages de la PAC, la certification HVE semble prioritaire, alors que les aides à la bio diminuent. Pendant que dans les rayons, les produits HVE prennent de plus en plus de place… Décryptage.

    La certification HVE ou « Haute valeur environnementale » a été créée en 2010 suite au Grenelle de l’Environnement pour reconnaître « les exploitations agricoles engagées dans des pratiques particulièrement respectueuses de l’environnement ». Elle est constituée de 3 niveaux, dont seul le 3ème permet l’usage de la mention valorisante « Haute valeur environnementale » (HVE) sur les produits issus de l’exploitation.

    Il n’y a donc pas lieu de préciser « HVE3 », puisque le niveau 3 est le seul à bénéficier de la mention Haute Valeur. Les 2 autres niveaux correspondent à une Moyenne ou Basse valeur environnementale.

    Pour obtenir la certification HVE, les exploitations ont 2 voies

    A/ Voie « Thématique » : accessible en cumulant 10 points sur 4 thématiques (irrigation, biodiversité, pesticides, fertilisation)B/ Voie « Globale » : accessible en cumulant un chiffre d’affaire dans lequel les intrants sont inférieurs à 30%

    Contrairement à l’agriculture biologique, il n’y a pas de période de « conversion » ni de contrôle annuel. Les contrôles se font tous les trois ans, par des organismes certificateurs agréés. Le cahier des charges implique uniquement la production et non la transformation, le stockage, l’étiquetage ou la commercialisation des produits, comme cela est obligatoire pour être certifié en agriculture biologique.

    Si la voie B est largement critiquée, la voie A se veut plus vertueuse. D’ailleurs, l’OFB (office Français de la Biodiversité) et l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales), dans leurs récents rapports*, montrent qu’il est aisé d’obtenir les points nécessaires dans les différentes catégories en respectant simplement la réglementation en vigueur et sans changer de pratiques agricoles. Selon l’OFB : Il est même facile de « valider l’indicateur biodiversité sans qu’aucune des caractéristiques de l’exploitation ne soit particulièrement vertueuse au titre de la biodiversité ». Une démarche qui n’est pas à très « haute valeur », finalement…

    En l’état, HVE n’apporte aucune garantie sur l’environnement, ni sur la gestion de l’eau ni sur des pratiques plus vertueuses. Les questions de commerce équitable, de rémunération des producteurs ou de bien-être animal n’y sont pas abordées non plus. Bio Consom’Acteurs, Action Aid et FAIRe un monde équitable publiaient en Mai 2021 le guide « La Boussole des labels » où l’on retrouvait déjà HVE dans un tableau comparatif. Les rapports de l’OFB et de l’IDDRI sur lesquels nous nous appuyons aujourd’hui confirment le classement donnéà la certification HVE dans la « Boussole des labels » (retrouver notre article dédié et notre lien de téléchargement)

    Bio ou HVE : Comment les différencier ? | BIO CONSOM’ACTEURS (bioconsomacteurs.org)

  • Avec la Boussole des Labels, fais le tri dans ton caddie !

    En France, il existe des dizaines de labels, officiels ou non, qui distinguent et valorisent la spécificité d’un produit : son origine (AOC, AOP, viande française), son mode de production (volailles élevées en plein air) ou sa qualité gustative (Label rouge). Désormais, certains mettent également en avant de bonnes pratiques environnementales.

    Le label privé « zéro résidus de pesticides » par exemple, que l’on trouve principalement sur des fruits et légumes des rayons de supermarchés, garantit des produits dont les résidus de pesticides sont inférieurs à 10 mg/kg (c’est-à-dire un niveau en dessous duquel les analyses ne sont plus fiables). En revanche, à la différence de la bio, ce label n’interdit pas l’utilisation de pesticides de synthèse qui restent autorisés sur une partie au moins du cycle de production avec toutes les questions que cela pose en matière de pollution des sols, des eaux et de l’air.

    La Haute valeur environnementale (HVE) est quant à elle une certification en trois étapes dont le troisième niveau donne droit à un logo sur le produit. Les règles de son obtention sont complexes mais l’idée générale est de remplir plusieurs critères en matière de réduction des pesticides, de préservation de la biodiversité, et de gestion de l’eau et de la fertilisation. Certaines de ses pratiques sont vertueuses : diversification des cultures, recours à la lutte biologique, ou intégration de légumineuses. En revanche, d’autres questions comme les conditions d’élevage ou la fabrication des produits sont absentes de son cahier des charges.

    Et le label agriculture biologique ? Il est le seul à associer des exigences dans trois domaines :

    • le mode de production agricole (interdiction des pesticides de synthèse, rotation des cultures) ;
    • le bien-être animal (limitation des densités, accès au plein air, interdiction des hormones) ;
    • la transformation des produits (restriction sur les additifs et auxiliaires technologiques).

    Cependant  le logo officiel AB, signe de qualité et d’origine des aliments issus de l’agriculture biologique, est de plus en plus malmené par la concurrence de logos privés. Face à cette guerre des normes qui se profile, la filière se mobilise pour le défendre, quitte à le faire évoluer. Un enjeu majeur sur un marché bio assailli par les doutes des consommateurs et la crise montante du pouvoir d’achat.

    « Avec la Boussole des Labels, fais le tri dans ton caddie ! »

    https://www.bioconsomacteurs.org/

    Le marché du bio ralentit en raison de l’inflation et des labels trompeurs

    Boussole-des-labels-WEB.pdf (actionaid.fr)

    Poster Boussole des labels WEB.pdf(Review)- Adobe cloud storage

  • Bio ou local : comment choisir ?

    77 % des consommateurs déclarent privilégier les produits locaux autant que possible*. C’est une manière de soutenir les agriculteurs et entreprises de proximité et donc la vie dans les territoires. Un rapport du Conseil d’orientation de l’emploi de 2018, indiquait d’ailleurs qu’en relocalisant 10 % de notre consommation, on pourrait recréer 150 000 emplois en France (1).

    S‘il est une marque de confiance et d’engagement pour une économie de proximité, le choix du « local » ne garantit pas les modes de production ni de fabrication et n’est donc pas nécessairement synonyme de qualité. Il ne dit rien de l’utilisation de pesticides ou d’engrais chimiques de synthèse, des modes d’élevage, ou des additifs et procédés de transformation des produits.

    Seul le label bio prend en compte tous ces critères [voir question] et vaut pour tous les produits, quelle que soit leur provenance [voire question].

    Demeure la question de l’impact des transports sur le climat. On sait que les importations — tous produits confondus — représentent la moitié des émissions de CO2 liées à la consommation française (2). Cependant, s’agissant des produits alimentaires, les transports ne pèsent que 19 % de leur empreinte carbone contre 66 % pour le mode de production(3).

    Ce qui fait sens dans le « local », c’est donc avant tout le fait de recréer des liens entre les consommateurs, les agriculteurs et les entreprises au sein d’un territoire.

    Ceci n’est pas incompatible avec la bio, bien au contraire ! D’autant que l’agriculture bio est créatrice d’emplois [voir emploi]. C’est même très exactement le schéma que nous défendons avec notre collectif d’entreprises bio engagées : la création et le développement de filières d’approvisionnement bio  et locales.

    Et n’oublions pas que la bio consommée dans l’hexagone est majoritairement d’origine française : d’après l’Agence Bio, 80% des produits bio consommés en France (hors produits exotiques) sont fabriqués à partir de matières premières agricoles françaises.

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)

  • L’agriculture biologique pourrait-elle nourrir l’humanité ?

    La réponse est oui. Basculer dans un système de production alimentaire sain et durable est même crucial face à l’accroissement de la population et l’urgence environnementale.

    Les sceptiques pointent les plus faibles rendements de la bio : elle exigerait plus de terres, et pourrait donc accélérer la déforestation. C’est mal prendre la question : il ne s’agit pas simplement de changer de mode de production mais de repenser tout notre système agro-alimentaire.

    Dans une étude européenne de 2017, des chercheurs affirment qu’il serait possible de nourrir plus de 9 milliards d’êtres humains en 2050 avec 100 % d’agriculture biologique sans augmenter la superficie de terres agricoles et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre(1). Comment ? En limitant le gaspillage alimentaire (qui représente aujourd’hui 30 % de la production alimentaire mondiale) et en divisant la consommation de produits d’origine animale par trois — 70% des terres cultivables de la planète sont actuellement utilisées pour nourrir les animaux d’élevage.

    Le scénario « Afterres 2050 » de Solagro arrivait aux mêmes conclusions (2) : une agriculture biologique à 50 % pourrait nourrir 72 millions de Français en 2050 sans augmenter la quantité de terres arables tout en divisant par trois les pesticides et par deux les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’énergie et la consommation d’eau en été. Ceci suppose de diminuer les pertes et sur-consommations et d’adapter notre régime alimentaire.

    Nourrir l’humanité ne passe donc pas forcément par une course aux rendements et aux intrants chimiques ! Comme l’agronome Marc Dufumier , nous pensons que la malnutrition n’est pas due à une insuffisance de production mais à la pauvreté : il y a en Occident un excédent de nourriture, souvent bas-de-gamme et de mauvaise qualité nutritionnelle, que nous exportons vers les pays Sud ce qui a pour effet de déstabiliser la production agricole locale.

    Convertir notre agriculture à la bio, nous conduirait certainement à tirer un trait sur l’export de matières premières agricoles à bas prix. Mais, au final, nos agriculteurs ne seraient certainement pas perdants, les prix en bio étant nettement plus élevés.

    Quant aux agriculteurs des pays du Sud, ils ne seraient plus concurrencés par des importations à prix cassés. Ils pourraient vivre de leur métier, développer leurs productions et reconstruire une autonomie alimentaire locale.

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)

    Notre manifeste

  • La bio : opportuniste ou engagée ?

    Le secteur bio connaît un succès grandissant en France : deuxième pays européen le plus gros consommateur de bio derrière l’Allemagne, l’hexagone représente 10 % du marché mondial — soit 9.7 milliards d’euros en 2018. Cette tendance va croissant.

    C’est une satisfaction pour nous, entreprises engagées et convaincues depuis le début — lorsque la bio n’intéressait pas grand monde… Mais c’est aussi une bonne nouvelle pour la santé des consommateurs, l’environnement et les agriculteurs : aujourd’hui, près des trois quarts des Français mangent bio régulièrement et ce mode d’agriculture occupait 7,5 % de la surface agricole utile en 2018.

    Cette évolution du marché en entraîne d’autres : alors que le secteur bio a longtemps vu prédominer de petits acteurs indépendants, il attire désormais de nouveaux entrants, y compris de grosses coopératives et multinationales de l’agroalimentaire conventionnel ainsi que la grande distribution et son cortège de « marques distributeurs ».

    Pour que le succès de la bio reste réjouissant, il faut préserver les valeurs et bonnes pratiques qui font sa spécificité. Pour nous, Entreprises Bio Engagées, la bio est bien plus qu’un label sur un produit dans un marché juteux : c’est une communauté d’acteurs — producteurs, entreprises de stockage, transformateurs, distributeurs et consommateurs — qui se retrouvent autour d’engagements concrets. Ces derniers concernent aussi bien le développement des filières que la protection de l’environnement et l’équité des échanges. Le label d’entreprise Bioed (Bio Entreprise Durable) porté par le Synabio, le syndicat des entreprises bio, est par exemple un outil qui permet de se retrouver autour de ces valeurs traduites en bonnes pratiques.

    Cette culture commune et cette ambition d’une amélioration continue de nos métiers et de nos produits doivent guider le développement de la bio pour qu’elle garde son sens. Les consommateurs ont un rôle clé à jouer en privilégiant les produits et les circuits de distribution porteurs de ces valeurs.

     

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)

    Bioed : https://bioed.fr

    Synabio : https://www.synabio.com/ 

  • BioED est une communauté d’entreprises bio qui s’engagent, au-delà du règlement bio européen

    Dans un contexte de transformation du marché et des attentes citoyennes, il est temps pour les entreprises de la bio de se réinventer et de réaffirmer haut et fort leurs engagements !

    Pionnières d’un modèle plus respectueux des Hommes et de l’environnement, ces entreprises doivent continuer à innover et à transmettre les valeurs fondatrices de la bio !

    BioED® est une communauté d’entreprises bio qui s’engagent, au-delà du règlement bio européen, à intégrer le développement durable au cœur de leur mission et à contribuer positivement à la transformation de notre société.

    D’abord lancée sous la forme d’un autodiagnostic dès 2009, Bioentreprisedurable®  a pris de l’ampleur et, depuis 2014, est devenue  un label RSE 100% indépendant créé par et pour les PME de la bio. Cette initiative, portée par le Synabio, a été réfléchie pour répondre aux besoins de structuration des entreprises, les faire progresser sur les enjeux du développement durable et valoriser leur savoir-faire..

    Avec BioED, nous cherchons à dépasser le jargon de la RSE pour la rendre accessible, claire et explicite pour tous. Nous développons des outils qui vous permettent d’intégrer simplement le développement durable à votre activité en s’adaptant, à votre métier, vos ressources et votre niveau de maturité.

    BioED est un label sectoriel réservé aux entreprises réalisant à minima 10% de leur chiffre d’affaire en bio. Néanmoins, afin d’encourager leur engagement en faveur de l’agriculture biologique, seules les entreprises réalisant plus de 50% de leur CA en bio pourront communiquer publiquement sur le label.

    Vous souhaitez rayonner au-delà du secteur de la bio ? Pas de problème, nous vous accompagnons dans le choix de labels complémentaires (commerce équitable, RSE, biodiversité, bien être au travail etc.) et vous proposons même des audits mutualisés (E+E; Fair for life; Ecocert 26000 etc.).

    Découvrez le référentiel BioED

  • Pourquoi les produits bio sont-ils plus chers ?

    Il s’agit d’un mode de production qui nécessite plus de main d’œuvre et peut présenter des rendements plus faibles.

    Ce surcoût peut être diminué par l’achat de produits bruts, de saison et locaux. D’ailleurs, l’Agence Bio et ses partenaires participent à la structuration de filières bio du producteur au distributeur dans le but d’apporter au consommateur des produits de qualité au prix juste tout en assurant une rémunération juste du producteur.

    En outre, l’observatoire des prix de l’association familles rurales indique en 2017 qu’”il est possible de trouver du bio moins cher que certains produits conventionnels.”  L’association précise qu’en moyenne le lait, les œufs et le jus d’orange coûtent près de 35% plus cher en bio. Cependant, « le bio de premiers prix est systématiquement moins cher que son homologue conventionnel en marques nationales. ”

    Qu’est-ce qui justifie les prix des produits bio ?

    Il n’existe pas d’indice officiel, mais les études disponibles indiquent un surcoût des produits bio par rapport aux conventionnels de 15 à 70 % selon les marchandises et circuits de distribution.

    Cet écart de prix s’explique principalement par les coûts liés au cahier des charges de la bio [voir question]. Cela commence au niveau de la production : ne pas utiliser de pesticides chimiques de synthèse implique des rendements plus faibles et un surcroit de travail.

    À structure égale, une ferme bio génère en moyenne 30 % d’emplois en plus qu’une ferme conventionnelle [voir question]

    C’est vrai aussi au niveau de la transformation des produits : de nombreux additifs, améliorants et colorants ainsi que certains procédés étant interdits, il faut utiliser des ingrédients plus ‘nobles’ et mettre en œuvre des processus souvent plus coûteux.

    Enfin, la bio reste un secteur où la plupart des exploitations agricoles et des entreprises de transformation et de distribution sont de petite taille. Elles ne bénéficient pas de gros volumes permettant de mieux amortir certains coûts de production. C’est le cas aussi des ingrédients bio : leur production souvent limitée ou leur caractère artisanal induisent un prix d’achat plus élevé. Et lorsque les distributeurs appliquent les mêmes pourcentages de marge qu’en conventionnel, cela augmente d’autant le surcoût pour les consommateurs.

    Le développement de la bio fera certainement baisser les prix à moyen terme. C’est déjà le cas pour beaucoup de produits dont les écarts de prix avec le conventionnel se réduisent (œufs et lait par exemple). Toutefois, étant donné les exigences de la bio, il est peu probable qu’ils soient un jour au même niveau.

    D’ailleurs, un tel objectif est-il même souhaitable ? S‘il est essentiel qu’une alimentation de qualité soit accessible à tous, n’oublions pas que c’est la course aux prix cassés qui a conduit l’agriculture conventionnelle dans l’impasse : les producteurs n’arrivent plus à vivre de leur métier et les entreprises ne peuvent plus investir pour innover ou améliorer la qualité des produits.

    Sans compter le prix à payer au niveau des territoires qui se vident, de la santé des consommateurs et de l’environnement ! On estime entre 1 et 1.5 milliards d’euros par an le coût de dépollution des eaux contaminées par les pesticides et les engrais de synthèse, soit 7 à 12 % de la facture d’eau (1) !

    La bio propose une autre voie : celle d’une agriculture saine qui fait vivre ceux qui la produisent et qui respecte notre planète. Ceci a un prix qui doit être le plus raisonnable possible.

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)

  •  Les produits bio ont-ils meilleur goût ?

    Les produits issus de l’agriculture biologique sont « la garantie d’une qualité attachée à un mode de production respectueux de l’environnement et du bien-être animal ».

    Aucune garantie de qualité gustative n’est donc actuellement associée aux produits biologiques parmi lesquels un nombre croissant bénéficie également d’autres certifications de type AOC, AOP, IGP et STG (vins, fromages, fruits et légumes, charcuterie…) ou Label Rouge (volailles, viande).

    L’agriculture biologique est le seul signe de qualité à couvrir l’ensemble des produits alimentaires.

    Les qualités gustatives d’un produit bio dépendent en grande partie du respect de la saisonnalité, et, comme pour tous les produits, des talents de l’artisan, du préparateur ou du cuisinier.

    En ce qui concerne les vins bio, on peut constater qu’ils sont de plus en plus primés lors de concours.

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)

  • L’alimentation biologique est-elle vraiment meilleure pour la santé ?

    Face au manque de références scientifiques étudiant spécifiquement l’intérêt des aliments d’origine biologique sur la santé humaine, une étude intitulée « Implications pour la santé humaine des aliments biologiques et de l’agriculture biologique» a été lancée par le Groupe d’évaluation des options scientifiques et technologiques et géré par l’Unité de prospective scientifique (STOA) au sein de la Direction générale des services de recherche parlementaire du Parlement européen. Cette étude, rendue publique en décembre dernier, indique:

    – Un lien entre la consommation d’aliments biologiques et une diminution du risque de maladies allergiques, ainsi qu’un effet bénéfique potentiel sur l’obésité chez les adultes. Ce résultat est bien entendu à mettre en relation avec les habitudes des consommateurs biologiques ayant tendance, selon l’étude BioNutriNet, à avoir un mode de vie plus sain (plus de sport et une alimentation plus saine).

    – Les études épidémiologiques soulignent les effets négatifs de certains insecticides sur le développement cognitif de l’enfant aux niveaux actuels d’exposition. Ces risques peuvent être réduits avec la consommation d’aliments biologiques, en particulier pendant la grossesse et dans la petite enfance.

    – Des différences de composition : la concentration des composés phénoliques est approximativement 20 % plus élevée dans les cultures biologiques, la teneur en vitamine C des cultures biologiques est d’environ 6% plus élevée.

    – La prévention des maladies animales et l’utilisation plus restrictive des antibiotiques, telle qu’elle est pratiquée dans la production biologique, contribuent à limiter la prévalence de la résistance aux antibiotiques, avec des avantages potentiellement considérables pour la santé publique.

    Si l’influence de l’alimentation sur la santé ne fait aucun doute, il est très difficile de prouver scientifiquement la relation de cause à effet. Concernant la bio, on s’appuie principalement sur des études épidémiologiques : on ne prouve donc pas la causalité mais on mesure la fréquence de maladies dans les populations suivies. C’est une des raisons qui explique la prudence des discours en la matière. Une chose est certaine : les dernières études sérieuses sont très positives et nous encouragent à choisir la bio.

    L’étudeNutriNet-Santé (et son volet Bionutrinet) qui suit plus de 60 000 personnes depuis 2009 a mis en évidence chez les forts consommateurs de bio (versus les faibles ou non consommateurs)  :— Une réduction de 25 % des risques de cancer(1).— Une réduction de 31 % du risque d’obésité(2).— Une réduction de 31 % du risque de présenter un syndrome métabolique : c’est-à-dire l’ensemble de signes physiologiques (hypertension, glycémie élevée, obésité abdominale…) qui augmentent les risques cardio-vasculaires et de diabète de type II (3).Il existe deux hypothèses solides pouvant expliquer ces résultats : le taux d’antioxydants dans les produits bio [voir question] et les moindres traces de résidus de pesticides [voir question]Une étude anglaise conduite par l’Université de Newcastle (4) a en effet révélé que les cultures conventionnelles contenaient quatre fois plus de résidus de pesticides que les cultures biologiques. Or, les recherches récentes sur l’exposition aux pesticides ont prouvé leurs incidences négatives sur au moins deux risques majeurs en termes de santé : l’obésité et le diabète de type II d’une part, le développement du cerveau in utero et des jeunes enfants d’autre part(5).Autant d’arguments qui expliquent que Santé Publique France — l’agence française de santé publique sous tutelle du Ministère de la santé— recommande désormais de privilégier les fruits et légumes bio.

    Références :

    (1) INRA / réduction du risque de cancer : http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/Moins-de-cancers-chez-les-consommateurs-d-aliments-bio(2) INRA / réduction du risque d’obésité : https://www6.inra.fr/comite_agriculture_biologique/content/download/4083/40416/version/1/file/RésumEfrençais+BJN_IMC%26Bio_Bionutrinet.pdf.(3) INRA / réduction du risque de syndrome métabolique : http://www.inra.fr/Grand-public/Alimentation-et-sante/Toutes-les-actualites/Consommation-d-aliments-bio-et-syndrome-metabolique(4) Etude Newcastle (en anglais) : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4141693/(5) Article sur le lien entre pesticides, obésité et diabète / Le Monde: https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/06/29/diabete-et-obesite-les-pesticides-pourraient-augmenter-le-risque-pour-la-population_5323212_3244.html

  •  Les produits Bio ont-ils un intérêt nutritionnel supérieur ?

    Dès 2003, l’AFSSA avait conclu à une concentration en certains nutriments plus élevée dans les produits bio. Les résultats des études suivantes sur ce sujet et en particulier des dernières méta-analyses conduites par l’université de Newcastle en 2014 (les fruits et légumes) et 2016 (les produits laitiers et la viande) ont de nouveau démontré que le mode de production et de transformation bio est à l’origine de réels atouts nutritionnels :

    – une teneur supérieure en polyphénols dans les fruits et légumes car ils sont produits naturellement par les plantes pour se protéger en cas d’attaque environnementale,

    – une richesse naturelle du lait en Oméga 3 car les vaches bio sont nourries essentiellement avec de l’herbe,

    – des teneurs plus fortes en acides gras poly-insaturés dans la viande bio car les rythmes naturels sont mieux respectés et la croissance des animaux est plus lente.

    Sources
    Tout sur la Bio
    Agence Bio ( Agence française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique)